Heinrich Himmler. (1900-1945)

Heinrich Himmler,

Reichsführer SS, c’est-à-dire chef des SS pour tout le Reich.

Himmler était d’origine bavaroise et d’éducation catholique.

Encore étudiant en agronomie, il avait fait partie en 1919 des corps de volontaires qui combattirent contre le communisme.

Il avait eu aussi des tendances pro-monarchistes et conservatrices de Droite, qui lui avaient été transmises par son père, lequel avait été le précepteur loyaliste du prince héritier Henri de Bavière.

Mais ce fut l’idéal d’un Ordre qui exerça sur lui une fascination particulière, son regard se portant volontiers sur l’ancien Ordre des Chevaliers Teutoniques.

Des SS, il aurait voulu faire un corps capable d’assumer sous une forme nouvelle la fonction même de noyau central de l’Etat que la noblesse avait eue, avec son loyalisme.

Pour la formation de l’homme de la SS, il envisagea un mélange d’esprit spartiate et de discipline prussienne.

Mais il eut aussi en vue l’Ordre des Jésuites (Hitler disait en plaisantant qu’Himmler était son «Ignace de Loyola») en ce qui concernait une certaine dépersonnalisation poussée parfois jusqu’à des limites inhumaines.

Ainsi, on disait par exemple dès le début à celui qui voulait faire partie des SS qu’il devait être prêt, si nécessaire, par sa fidélité et son obéissance absolues, à n’épargner aucun de ses frères; que pour un SS les excuses n’existent pas; que la parole donnée est quelque chose d’absolu.

Pour citer un exemple, tiré d’un discours d’Himmler, on pouvait demander à un SS de s’abstenir de fumer; s’il ne promettait pas de le faire, il était repoussé, mais s’il le promettait et si, lui SS, était surpris à fumer, alors «il ne lui restait que le revolver», c’est-à-dire le suicide.

Des épreuves de courage physique étaient prévues dans les régiments militarisés : par exemple devoir rester calme au garde-à-vous en attendant l’explosion d’une grenade posée sur le casque d’acier que l’on portait.

Il y avait un autre aspect particulier : la clause raciale. En dehors du sang «aryen» (ascendance aryenne prouvée jusqu’en 1750 au moins) et d’une constitution physique saine, on accordait une grande importance au type de race nordique de haute taille. Himmler, en outre, aurait voulu faire de la SS un Sippenorden, c’est-à-dire un Ordre qui, à la différence des anciens chevaliers, aurait correspondu dans le futur à une race, à un sang, à une lignée héréditaire (Sippe).

En conséquence, la liberté des choix conjugaux du SS était fortement limitée.

Il ne devait pas épouser n’importe quelle jeune femme (pour ne pas parler de femmes d’une autre race). L’approbation d’un bureau racial spécialisé était nécessaire.

Si l’on en acceptait pas le jugement, il n’y avait qu’à sortir de l’Ordre; mais dès l’admission dans celui-ci (après une période probatoire), cette clause était clairement précisée à l’aspirant SS.

Ainsi se réaffirmait le biologisme raciste, lié à une certaine banalisation de l’idéal féminin, un relief particulier étant donné à l’aspect «mère» de la femme.

Alors que Hitler nourrissait de l’aversion pour les descendants des vieilles maisons royales allemandes, Himmler avait un faible pour eux et estimait que la SS était, dans le Troisième Reich, le seul corps qui pouvait aussi convenir à des princes.

De fait, différents représentants de la noblesse en firent partie.

Le prince Waldeck-Pyrmont s’y était enrôlé dès 1929; en 1933 y adhérèrent les princes Mecklenburg, Hohenzollern-Sigmaringen, Lippe-Biesterfeld, etc.

Le prince Philippe de Hesse était un ami personnel de Himmler depuis longtemps.

Le rapprochement de cette importante organisation du Troisième Reich avec la noblesse allemande dans les dernières années s’exprima aussi dans les relations cordiales maintenues avec le Herrenklub de Berlin (le «Club des Seigneurs») et dans le fait qu’Himmler tint un discours à la Deutsche Adelsgenossenschaft (la Corporation de la Noblesse Allemande).

Les rapports avec l’armée furent plus réservés, moins pour des divergences d’orientation que pour des raisons de prestige, lorsque furent créés dans les SS des régiments armés et militarisés et, en dernier lieu, de véritables divisions qui devaient prendre le nom de Waffen-SS. Ce fut pourtant Paul Hausser, lequel avait quitté l’armée alors qu’il était lieutenant-colonel pour militer dans les rangs de la «révolution conservatrice» et du Stahlhelm de Seldte, qui réorganisa en 1935 l’académie des SS et supervisa ensuite l’école des cadets de la SS au «Welfenschloss» de Brunswick.

En se développant, la SS se ramifia en de multiples sections, dont certaines, étant donné leur caractère spécifique, laissèrent sans doute au second plan les aspects d’«Ordre».

Nous pouvons faire abstraction ici des SS à «Tête de Mort» qui eurent des fonctions parallèles à celles de la police ordinaire et de la police d’Etat (du reste, par un décret du 17 juin 1936, Himmler fut aussi nommé chef de la police au ministère de l’intérieur); c’est ce secteur des SS qui entre éventuellement en question pour certains aspects négatifs du corps, utilisés par la suite pour rendre abominable la SS toute entière.

Nous signalerons seulement la Verfügungstruppe SS, qui était une force armée «à disposition», dépendant directement du chef du Reich; en juillet 1940, elle donna naissance aux Waffen-SS, c’est-à-dire à des unités militaires d’élite, dont les performances élevées (étant donné la formation personnelle exigée de l’homme de la SS) durant la deuxième guerre mondiale devaient imposer à l’ennemi respect et admiration.

La section Rusha (initiales de Rasse und Siedlungshauptamt), qui s’occupait de questions raciales et de colonisation interne peut également être laissée de coté ici. Ce sont les initiatives d’ordre culturel de la SS qui peuvent, peut-être, présenter ici un intérêt.

La réalisation de l’idéal d’Himmler rencontrait une espèce de handicap dans le fait qu’un Ordre au sens propre présuppose un fondement également spirituel; mais, dans ce cas précis, on ne pouvait absolument pas se référer au christianisme. En effet, l’orientation anti-chrétienne, l’idée que le christianisme était inacceptable en raison de tout ce qu’il contient de non-aryen et de non «germanique», cette idée était très prononcée chez les SS et, malgré une certaine tension existant entre Himmler et Rosenberg, il y avait entre eux, sur ce point, une indiscutable convergence de vues. Christianisme et catholicisme étant exclus, le problème de la vision du monde se reposait donc, pour tout ce qui allait plus loin que la discipline sévère et la formation du caractère; les SS eurent aussi l’ambition d’être une weltanschauuliche Stosstruppe, c’est-à-dire une force de rupture dans le domaine de la Weltanschauung justement.

Depuis longtemps au sein de la SS, s’était constitué le SD, ou «Service de Sécurité» (Sicherheitsdienst), qui aurait dû avoir lui aussi, en principe, des activités culturelles et de contrôle culturel (déclaration d’Himmler en 1937). Même si le SD se développa par la suite dans d’autres directions, y compris le contre-espionnage, son Bureau VII garda un caractère culturel, et des savants et des professeurs sérieux firent aussi partie du SD. Par ailleurs, on pouvait devenir un SS «d’office», ad honorem (Ehrendienst, service honorifique) : cette possibilité regardait les personnalités de la culture dont on estimait qu’elles avaient apporté une contribution valable dans la direction que nous avons indiquée plus haut. Nous pouvons citer, par exemple, le professeur Franz Altheim, de l’université de Halle, célèbre historien de l’Antiquité et de Rome, et le professeur O. Menghin, de l’université de Vienne, éminent spécialiste de la préhistoire. L’Ahnenerbe, institut particulier de la SS, avait pour tâche de faire des recherches sur l’héritage des origines, du domaine des symboles et des traditions au domaine archéologique.

En effet, l’attention était tournée vers ce qu’on pouvait tirer de cet héritage en matière de vision du monde, et dans ce champ de recherche l’exclusivisme nationaliste de certains milieux fut mis de côté.

C’est ainsi par exemple que Himmler fit subventionner le Hollandais Hermann Wirth, auteur de l’Aurore de l’Humanité, gros ouvrage sur les origines nordico-atlantiques, et fit inviter pour des conférences un auteur italien qui avait fait des recherches dans ce domaine également et, en général, sur le monde de la Tradition, se tenant à distance du catholicisme et du christianisme mais évitant les déviations déjà signalées par nous à propos de Rosenberg et d’autres auteurs.

Il découle de tout cela que les SS présentèrent un cadre assez différent et plus complexe que ce qu’on pense couramment. Si ces initiatives particulières restèrent en germe, le fait de les avoir conçues n’en a pas moins un sens.

En principe, l’idéal d’un «Etat de l’Ordre», dans son opposition à l’Etat totalitaire, dictatorial, de masse, et à l’Etat-parti, ne peut qu’être jugé positivement du point de vue de la Droite; nous avons déjà eu l’occasion de nous exprimer à ce sujet en critiquant la notion fasciste du parti unique. Dans le cas spécifique de l’Allemagne, tout aurait dépendu de ceci : dans quelle mesure aurait-on pu arriver à une intégration des éléments de Droite encore dans la place, avec une rectification des aspects du Troisième Reich qui étaient, pour certains représentants de la «révolution conservatrice» et de l’esprit prussien, une contrefaçon usurpatrice de leurs idées.

La SS acquit toujours plus d’importance politique, au point qu’on put parler d’elle comme d’un «Etat dans l’Etat» ou, carrément, d’un «Etat des SS». En effet, elle eut des cellules dans de nombreux postes clés du Reich, dans l’administration, la diplomatie, etc. La conception d’un Etat de l’Ordre impliquait, en effet, que des hommes de l’Ordre fussent désignés pour ces postes, comme cela avait été le cas pour la noblesse dans le passé.

Enfin, il faut faire allusion aux Waffen-SS.

Après le mois de juillet 1940, les formations de SS qui, à l’origine et en temps de paix, avaient été conçues comme une «force à disposition», donnèrent naissance à des unités militaires et à des divisions blindées qui, tout en gardant une certaine autonomie, se battirent aux cotés de la Wehrmacht. C’est de ces Waffen-SS que naquit, vers la fin de la deuxième guerre mondiale, ce que certains appelèrent «la première armée européenne». Himmler approuva l’idée, formulée tout d’abord par Paul Hausser et reprise ensuite par Gottlob Berger, de constituer avec des volontaires de toutes les nations des divisions de Waffen-SS pour lutter contre la Russie communiste et pour défendre l’Europe et sa civilisation. Ainsi furent repris, pratiquement, la fonction qu’avait eue, aux origines, l’Ordre des Chevaliers Teutoniques en tant que garde à l’Est et, simultanément, l’esprit qui avait animé les Freikorps, les volontaires qui, de leur propre initiative, avaient combattu les bolcheviques dans les régions orientales et dans les pays baltes après la fin de la première guerre mondiale.

Au total, plus de dix-sept nations furent représentées dans les Waffen-SS, avec de véritables divisions : Français, Belges, Hollandais, Scandinaves, Ukrainiens, Espagnols et même Suisses, etc. L’ensemble compta jusqu’à 800 000 hommes environ, dont une part seulement venait de la zone germanique, les volontaires ne se souciant pas d’être considérés parfois, à cause de cela, comme des traîtres et des «collaborateurs».

Mais par la suite les survivants furent souvent persécutés et poursuivis dans leurs nations respectives.

Dans un discours prononcé à Poznan le 4 octobre 1943, Himmler parla carrément des SS comme de l’Ordre armé qui, à l’avenir, après l’élimination de l’Union Soviétique, aurait dû monter la garde de l’Europe sur l’Oural contre «les hordes asiates». L’important, c’est que dans cette situation un certain changement de perspective eut lieu. On cessa d’identifier l’«aryanité» à la «germanité».

On voulait combattre non pour un national-socialisme expansionniste reposant sur un racisme unilatéral, non pour le pangermanisme, mais pour une idée supérieure, pour l’Europe et pour un «Ordre Nouveau» européen. Cette orientation gagna du terrain dans la SS et s’exprima dans la déclaration de Charlottenburg publiée par le Bureau Central des SS vers la fin de la guerre; ce texte était une réponse à la déclaration de San Francisco faite par les Alliés sur les objectifs de la guerre, «croisade de la démocratie». Dans cette déclaration de Charlottenburg, il était question de la conception de l’homme et de la vie propre au Troisième Reich et, surtout, du concept d’Ordre Nouveau, lequel n’aurait pas dû être hégémonique, mais fédéraliste et organique.

Il faut rappeler, d’autre part, qu’on doit à Himmler une tentative de sauvetage in extremis (considérée par Hitler comme une trahison). Par l’intermédiaire du comte Bernadotte, Himmler transmit aux Alliés occidentaux une proposition de paix séparée, et ce afin de continuer la guerre uniquement contre l’Union Soviétique et le communisme. On sait que cette proposition — qui, si elle avait été acceptée, aurait peut-être pu assurer à l’Europe un autre destin, évitant ainsi la «guerre froide» qui allait suivre et le passage au communisme de l’Europe située au-delà du «rideau de fer» — fut nettement repoussée au nom d’un aveugle radicalisme idéologique, tout comme avait été repoussée, pour la même raison, l’offre de paix faite par Hitler à l’Angleterre en des termes raisonnables, lors d’un fameux discours de 1940, donc à un moment où les Allemands étaient les vainqueurs.

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Source: Julius Evola

L’Etat de l’Ordre et les SS



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